Violences envers les jeunes : les candidats aux législatives interpellés par la JOC

La Jeunesse Ouvrière Chrétienne a mené une enquête auprès de 414 jeunes sur Roubaix-Tourcoing. Les résultats ont été partagés place de la Fraternité à Roubaix ce 28 mai 2022.

Place de la Fraternité à Roubaix, les jeunes de la JOC ont présenté le résultat d’une enquête menée auprès de 414 jeunes de Roubaix, Tourcoing, Wattrelos. (©AS Hourdeaux/Croix du Nord)

Mais que se passait-il ce samedi 28 mai 2022 sur la place de la Fraternité de Roubaix ? Des panneaux présentaient le résultat d’une enquête menée par la Jeunesse Ouvrière Chrétienne auprès de 414 jeunes de 13 à 30 ans à Roubaix, Tourcoing et Wattrelos. Le thème : les violences liées aux préjugés. Les candidats aux élections législatives de la 7e et 8e circonscriptions ont été invités. 3 ont répondu. Que présente l’enquête de la JOC ? Quelles solutions sont proposées pour lutter contre les discriminations ? Comment ont réagi les candidats politiques ? 

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Les chiffres sont édifiants, et sont même plus alarmants que d’autres enquêtes concernant les jeunes, notamment une menée au sein de l’Education Nationale. La Jeunesse Ouvrière Chrétienne du secteur Roubaix-Tourcoing et vallée de la Lys est allée interroger les jeunes des quartiers populaires de ce territoire sur le thème des violences liées aux préjugés. 

81% se disent victimes, dont 52% par rapport au physique

« 81,88 % des jeunes interrogés se disent déjà victimes de violences liées aux préjugés », explique Aurélia, fédérale JOC pour Roubaix-Tourcoing et Vallée de la Lys. Plus précisément, 52% ont été confrontés à des préjugés sur leur physique. « 26% ont connu des reproches par rapport à leur façon de parler, leur accent ‘populaire' », ajoute Jordy, trésorier JOC de la fédération Roubaix-Tourcoing et Vallée de la Lys.

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Quelles formes ces violences prennent-elles ? 14% disent avoir été agressés physiquement et sexuellement ; 40% ont déjà subi des insultes.

Où se passent ces violences ? Dans 71,68 % des cas, c’est au sein de l’établissement scolaire, et à 24% dans l’espace public.

Les violences vécues ont des répercussions sur l’avenir des jeunes

L’analyse va plus loin : « Les jeunes des quartiers populaires cumulent les difficultés : ils ont moins de ressources financières, de réseau, de soutien familial et bénéficient de moins d’investissements publics. Pour dépasser des barrières, ils ont besoin d’avoir confiance en eux. Sans cela, il n’y a pas d’ascenseur social… »

Les violences et discriminations subies auraient donc un impact sur leur avenir. « Les conséquences sont aussi une difficulté à construire leur vie affective, à créer des liens avec d’autres, à se soigner… »

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Ces difficultés entraînent un état de déprime voire de dépression pour 60% des jeunes interrogés. « Or, l’accès aux soins psychologiques est difficile au vu des coûts financiers… » notent les jocistes.

Trois propositions concrètes

Outre les chiffres, ce sont des propositions pour avancer que la JOC a partagées. Trois thèmes se sont dégagés :

  • Développer des lieux de parole libre
  • Soutenir les associations qui défendent les droits des jeunes
  • Favoriser l’apprentissage des savoir-faire psycho-sociaux
Les candidats aux élections législatives ont été invités à réagir à l’enquête de la JOC : 3 ont participé ce 28 mai 2022. (©AS Hourdeaux/Croix du Nord)

Comment répondent les candidats aux législatives ?

La JOC se veut concrète, alors elle a invité les candidats aux élections législatives de juin à venir les rencontrer. 3 ont répondu et étaient présents ce 28 mai 2022. Catherine Osson, Roselyne Faillie (la représentante de Nelly Savio) et David Guiraud.

Chacun a été invité à exprimer ce que son programme contenait comme mesure pour les jeunes.

Nelly Savio propose « des cours de civisme, l’accès aux sports, et la suppression de la carte scolaire ». 

David Guiraud rappelle que 3 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté en France, et que le suicide est la 2e cause de mortalité de 15-24 ans. « Pour que des espaces de dialogue existent, il faut des moyens. Nous proposons le recrutement de 6000 CPE et de 8000 assistants d’éducation, ainsi que d’augmenter le nombre d’infirmiers scolaires. Il faut créer un commissariat à l’égalité des droits et un observatoire des discriminations ». Il ajoute : « Certains jeunes ont du mal à se sentir français, car on les a privé de leur histoire. Il y a des dates, des événements à mettre en lumière par les politiques. Comme ce que fait la CRAO, qui propose des festivités aux ressortissants de l’Afrique de l’Ouest. Ce n’est pas communautaire, c’est redonner du lien à une histoire… »

Catherine Osson rappelle que l’ « école de la République est l’outil qui doit aider à lutter contre les inégalités de destin. Il y a eu augmentation des moyens financiers, le budget est passé de 70 à 74 milliards d’euros, mais les enseignants ne vont pas si bien que ça… Je suis favorable à un maillage des territoires autour des populations fragiles. Et aussi, je veux une action à l’échelle européenne sur les risques des réseaux sociaux ».

Retrouvez les infos de la JOC ici. Pour les résultats complets de l’enquête, c’est par ici.

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