Après 17 années en fauteuil roulant, Anita, atteinte de sclérose en plaques, remarche

Anita Fatis mène depuis deux ans un combat pour pouvoir remarcher, après avoir passé de nombreuses années en fauteuil roulant. Elle s'aide pour cela d'une orthèse particulière.

Anita Fatis, atteinte de sclérose en plaques, parvient à remarcher grâce à une orthèse mécatronique, après 17 ans passés dans un fauteuil roulant. (©Anita Fatis)

« C’est un travail de longue haleine sur les deux dernières années ». Les premiers mots échangés avec Anita Fatis au cours de notre entretien laissent imaginer l’intensité du combat qu’elle mène.

La sclérose en plaques dont elle est atteinte, depuis 32 ans, lui a fait perdre progressivement l’usage de ses jambes. Cela ne l’a pas empêché de décrocher 15 titres de championne de France de natation handisport.

Mais après 17 ans passés dans un fauteuil roulant, Anita Fatis est en train de réussir une performance qui surpasse peut-être toutes celles accomplies durant sa carrière sportive : pouvoir remarcher.

Lorraine Actu revient sur le parcours de l’ancienne championne, âgée de 58 ans, conseillère municipale déléguée à l’accessibilité et à la mission handicap à Thionville (Moselle).

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Une orthèse mécatronique pour l’aider à se tenir debout et à marcher

Afin d’atteindre cette performance, Anita Fatis bénéficie d’une « orthèse mécatronique ». Elle est la première patiente de France atteinte de sclérose en plaques à en bénéficier. Elle en explique le fonctionnement en précisant qu’il s’agit « du premier dispositif médical de ce type au monde ».

Un boîtier regroupe toutes les commandes et tout part de là. L'orthèse a été placée sur ma jambe gauche, la droite étant la moins handicapée. C'est donc ma jambe droite que je lance, et grâce à un ressort hydraulique, ma jambe gauche part tout de suite. Je le vis bien.

Anita Fatis

Grâce à une application, Anita Fatis peut régler « la position statique ou la position marche ». La première fois qu’elle a pu se tenir debout, la nageuse handisport dit avoir eu « le mal de mer et la tête qui tourne ».

Anita Fatis, atteinte de sclérose en plaques, parvient à remarcher grâce à une orthèse mécatronique après 17 ans passés dans un fauteuil roulant. (©Anita Fatis)

« C’était juste génial »

Elle a pu procéder aux premiers essais en décembre 2021. « C’était juste génial », se réjouit-elle en repensant à ses premiers pas depuis le fauteuil roulant.

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Anita Fatis a pu commencer par de courtes distances. « Au départ, je parcourais 200 m, puis 300, puis 500 m… À un moment, je suis restée une semaine à 500 m maximum et je n’arrivais plus à évoluer », décrit-elle.

Mais les progrès ont finalement pu se poursuivre : « Avec mon mari, en début de semaine, j’ai pu parcourir 1,3 km. » Anita Fatis poursuit sa rééducation « à raison de deux fois par semaine, en apprenant à marcher sur de la mousse, en grimpant un petit escalier de deux marches et en roulant avec un vélo sans assistance ».

« Mon neurologue me dit d’aller doucement et de faire attention aux blessures. J’en fais peut-être un peu trop », sourit-elle.

Un sacré palmarès en natation handisport

Anita Fatis a bâti un solide palmarès en natation handisport en une dizaine d'années. De 2008 à 2016, la Thionvilloise a glané 15 titres de championne de France. Elle s'est également distinguée en championnats d'Europe, avec sept médailles au total : trois de bronze (deux à Eindhoven en 2010 et une à Berlin en 2011), une d'argent (à Berlin en 2011) et trois d'or (deux à Eindhoven en 2014 et une à Funchal en 2016). Elle a enfin pris part aux Jeux paralympiques de Londres en 2012 et de Rio de Janeiro en 2016, mais sans être parvenue à décrocher une médaille.

« Ce serait vraiment génial que tout le monde puisse en profiter »

Interrogée sur ses ambitions, Anita Fatis adresse dans un premier temps ses pensées à toutes les personnes atteintes de sclérose en plaques.

Pour l'instant, nous sommes seulement quelques patients à pouvoir utiliser ce dispositif. Mais il ne faut pas être égoïste : ce serait vraiment génial que toutes les personnes atteintes de sclérose en plaques puissent en bénéficier.

Anita Fatis

Anita Fatis précise également que « sur les 130 000 cas de sclérose en plaques en France, ils n’entraînent pas tous une perte de mobilité ».

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Un prochain défi au Népal

Puis elle livre dans un second temps un autre objectif, plus sportif cette fois : « L’idéal serait de pouvoir marcher pour mon prochain trek au Népal et d’enchaîner plusieurs heures de marche par jour ». Son départ est prévu le 1er novembre prochain.

Anita Fatis avait déjà réalisé plusieurs défis d’envergure en étant privée de l’usage de ses jambes, tels que l’ascension des plus hauts sommets de l’Himalaya à l’aide de sherpas.

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